HOLOTYPE. — Palau. Ngermeuangel Island, Flatworm Lake, 7 ° 19.12 ’ N, 134 ° 30.40 ’ E, 0,5 m, 13. VI. 2005, coll. L. J. Bell et L. E. Martin, FLK 033 (MNHN A 3 EUD 324). AUTRE MATÉRIEL EXAMINÉ. — Palau. Ngeruktabel Island, Uet er a Ngchas, marine lake, 7 ° 15.24 ’ N, 134 ° 20.64 ’ E, 0,5 m, 20. V. 2005, coll. L. J. Bell et L. E. Martin, ULN 060 (MNHN A 3 EUD 326). Indonésie. Berau, E. Kalimantan, Maratua Island, Danau Haji Buang, marine lake, 2 ° 08.444 ’ N, 118 ° 30.600 ’ E, 0,5 m, 23. X. 2003, coll. L. J. Bell, HBM 012 (MNHN A 3 EUD 325). ÉTYMOLOGIE. — Du latin partitum: divisé. DESCRIPTION Les colonies (Fig. 78 A) sont en croûtes épaisses d’où émergent des lobes arrondis, à base rétrécie. Le diamètre du plus gros lobe observé est de 15 mm. Du sable est contenu dans l’ensemble des colonies, moins dense dans la partie dressée en lobes. Les ouvertures buccales des zoïdes en surface ont 6 lobes saillants qui contiennent aussi des particules sédimentaires fines. La tunique est vitreuse et contient des cellules vacuolaires qui donnent aux colonies une consistance spongieuse. Les zoïdes occupent toute l’épaisseur des colonies, mais seuls ceux qui se trouvent dans les lobes dressés ont leurs siphons ouverts à l’extérieur. Les particules de sable sont arrangées de façon radiaire en surface autour des orifices des siphons buccaux disposés en cercles, ce qui donne un aspect étoilé in vivo. La partie basale compacte de la tunique contient de grosses inclusions (vertes en formol). Les zoïdes (Fig. 55 A) ont un thorax perpendiculaire à la surface des colonies, mais les abdomens sont entrecroisés sans ordre. Le siphon buccal a 6 lobes allongés dont le plus dorsal est parfois plus long. Les tentacules sont très nombreux, ceux du cercle postérieur sont nettement plus longs que ceux qui s’étendent sur toute la face interne du siphon. Les 3 rangs de stigmates sont de longueur à peu près égale, le premier rang peu relevé dorsalement. Plus de 25 stigmates ont pu être comptés de chaque côté dans le deuxième rang. Les languettes du raphé sont plus courtes qu’un stigmate. L’abdomen est beaucoup plus long que le thorax et peut atteindre 1 cm (Fig. 55 A). Sa partie postérieure, qui contient l’estomac et les gonades, est élargie et possède des prolongements vasculaires. L’estomac est asymétrique, arrondi antérieurement et brusquement tronqué postérieurement. Le post-estomac est mince, particulièrement long comparé à la forme moyenne dans le genre Eudistoma. Une ampoule lui fait suite, puis un intestin moyen court et large bien délimité qui forme le fond de la boucle digestive (Figs 55 C; 56). L’intestin postérieur débute par une partie nettement élargie avec une protubérance postérieure et une côte longitudinale (Figs 55 C, D; 56), il est ensuite rectiligne. Cette partie du tube digestif a une morphologie constante chez tous les zoïdes. La boucle intestinale est droite. La glande pylorique (Fig. 55 C) est constituée d’une accumulation d’ampoules autour du rectum, face à l’estomac et le canal pylorique débouche au milieu de la paroi stomacale. Les gonades sont situées seulement à gauche du tube digestif (Fig. 55 D). Les lobules testiculaires peuvent être nombreux. L’ovaire est central. Les larves (Fig. 55 E, F) sont incubées dans la cavité péribranchiale où l’on peut en compter jusqu’à 5. Le tronc mesure de 0,5 mm à 0,55 mm. La queue décrit un demi-tour et se replie sous le tronc. Les 3 papilles adhésives sont bordées de 4 paires de vésicules bifides dont la forme varie chez les larves d’une même colonie. REMARQUES L’identification des espèces ensablées du genre Eudistoma est particulièrement difficile, l’arrangement des zoïdes dans la colonie est peu visible. La quantité de sable incrusté dépend de la localité de récolte. La distinction entre des formes encroûtantes ou présentant plusieurs lobes bas, dépend de la taille des colonies et de leur état de maturation. Eudistoma partitum n. sp. se distingue d’autres espèces ensablées par le dessin de surface dû à la disposition des particules sableuses et par des lobes buccaux saillants, par la structure des colonies avec des lobes dressés sur une base commune, par la structure du tube digestif, par la taille des larves. Il s’y ajoute la présence d’inclusions de symbiontes dans la tunique. Ces caractères sont constants à la fois à Palau et en Indonésie, des localités géographiquement éloignées, mais toujours dans le même milieu: à faible profondeur dans des lacs marins. D’autres espèces ensablées peuvent être confondues. Eudistoma amplum (Sluiter, 1909) a des colonies massives avec symbiontes, des larves plus grosses, un arrangement différent des zoïdes. Eudistoma ovatum (Herdman, 1886) a des lobes buccaux saillants, la boucle digestive a une double torsion marquée. Eudistoma pyriforme (Herdman, 1886) n’a pas de symbiontes connus, la boucle digestive est tordue, les colonies sont lobées; la larve décrite par Tokioka (1950) provenant de Palau est très différente. Eudistoma vulgare Monniot F., 1988 n’est pas lobé, l’intestin postérieur présente une torsion, la larve est plus petite. Eudistoma snakabri Tokioka, 1954 (Figs 57; 58)
Monniot, Françoise, Monniot, Claude (2008): Compléments sur la diversité des ascidies (Ascidiacea, Tunicata) de l’ouest Pacifique tropical. Zoosystema 30 (4): 799-872, DOI: 10.5281/zenodo.4690007