ÉTYMOLOGIE. — Taches comme celles d’une panthère. DESCRIPTION Les colonies sont encroûtantes, de couleur orange selon le collecteur, souples, de 10 cm environ. La couleur disparaît à la fixation. La surface des colonies, sans pellicule aspiculaire superficielle, est divisée en mailles polygonales irrégulières par les canaux cloacaux (Fig. 75 F) au-dessus desquels les spicules sont moins denses et qui apparaissent plus foncés. Les ouvertures buccales sont disposées le long des canaux cloacaux. Les zoïdes sont groupés en amas séparés par la cavité cloacale commune qui s’étend sous la couche abdominale. Les larves sont incubées dans la partie basale de la colonie. Les zoïdes (Fig. 37 A-C) sont très contractés, ils mesurent 1,7 mm. Le siphon buccal est étroit, bordé de 6 petits lobes. L’ouverture cloacale est très large et ne porte pas de languette (Fig. 37 A). La branchie a 4 rangs de stigmates allongés, leur nombre par rang est élevé, il y en a au moins 11 de chaque côté dans le premier rang. Les languettes du raphé sont particulièrement longues et filiformes. Les organes thoraciques latéraux circulaires sont situés au dessus du deuxième sinus transverse. Il n’y a pas d’appendice fixateur. bien différencié avec 4 rangs de stigmates, ocelle et otolithe, mais n’occupe qu’une faible partie du volume total. Il n’y a pas de bourgeon mais une grosse masse vitelline sphérique. En fin de développement un massif cellulaire plus dense apparaît à la base de la queue. Les 3 papilles adhésives sont portées sur des tiges épaisses. Elles sont bordées d’un nombre variable de vésicules, allant jusqu’à 16 en un rang un peu irrégulier. Ces vésicules elles-mêmes sont de tailles diverses. Le manteau de la larve n’a pas de cellules vacuolaires. Les spicules (Fig. 38) de tailles très diverses peuvent atteindre une grande taille, en moyenne 120 µm, et jusqu’à 150 µm pour les plus grands. Ils sont formés d’un nombre variable de rayons, issus d’un centre très peu dense. Il y a peu d’aiguilles longues et pointues, et entre elles des aiguilles plus courtes de longueurs inégales. REMARQUES Cette espèce se différencie de Lissoclinum guinense Monniot F. & Monniot C., 2001 par la forme des spicules, plus petits, à rayons inégaux et formés de baguettes dont les fibres sont peu soudées, et par la larve qui n’a que quatre paires de vésicules latérales aux papilles adhésives. Les zoïdes décrits par Kott (2001) sous le nom de Lissoclinum taratara Monniot C. & Monniot F., 1987 mesurent 2 mm et les spicules atteignent 0,1 mm entre les plus longs rayons, ce qui correspond plutôt aux mensurations de L. panthera n. sp. Les mensurations des zoïdes et des spicules de L. taratara pour les colonies de Polynésie (type) et celles de Papouasie-Nouvelle-Guinée (Monniot F. & Monniot C. 2001) sont nettement inférieures, 1 mm pour les zoïdes et 80 µm au plus pour les spicules. Kott (2004 a: 66) nomme L. taratara des spécimens provenant de Ashmore Reef, sans les décrire, précisant seulement que les spicules mesurent 90 µm et qu’ils sont répartis seulement en deux couches (superficielle et basale), ce qui n’est pas le cas des autres colonies de l’espèce. D’autre part Kott figure une colonie opaque de couleur brun foncé (Fig. 25 A) mais écrit qu’elle est translucide. Ces spécimens ne peuvent correspondre ni à L. taratara ni à L. panthera n. sp.
Monniot, Françoise, Monniot, Claude (2008): Compléments sur la diversité des ascidies (Ascidiacea, Tunicata) de l’ouest Pacifique tropical. Zoosystema 30 (4): 799-872, DOI: 10.5281/zenodo.4690007